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Guerre en Ukraine: les conséquences sur l'économie européenne


Chers amis, membres, professionnels de l'immobilier et confrères, dans notre avant-dernier blog nous avons abordé les différents risques ayant un impact sur la bourse, et nous faisions notamment mention de ceux liés à l’instabilité géopolitique.


Malheureusement, ce scénario est aujourd'hui une réalité avec l'invasion de l'armée russe en Ukraine. Il y a encore quelques mois, ce cas de figure était presque impensable, mais l'homme est aussi parfait que la terre est plate... .

Nos premières lignes vont aux populations innocentes qui doivent vivre dans la peur de cette guerre, nous leur donnons notre soutien inconditionnel.

À peine sortie de la pandémie, qui a eu pour effet un effondrement de la croissance mondiale, avec à sa sortie, un problème d'inflation, le président Vladimir Poutine décide d'envahir l'Ukraine.


Pourquoi maintenant ?

Car l'Europe a des défis économiques à relever (inflations, hausse des dettes de pratiquement tous les pays européens, augmentation des taux d'intérêt, baisse du PIB, etc.) et un conflit serait un scénario catastrophique pour elle.

De plus, l'Ukraine souhaite rejoindre l'OTAN. Ces dernières années, elle a pris de plus en plus part aux exercices conjoints avec l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord, ce qui n'a pas cessé d'agacer le président russe.

Toutes les sanctions économiques imposées par l'Europe et les États-Unis ont déjà un impact terrible sur l'économie russe, mais côté Europe, les conséquences vont également se faire sentir. Il ne faut pas oublier que la Russie fait partie des plus grands producteurs et exportateurs de matières premières au monde, voyez plutôt:

Production:

  • 2e producteur de gaz naturel, après les États-Unis (18% de la production mondiale),

  • 2e producteur mondial de pétrole (12,4%),

  • 4e producteur mondial d'électricité,

  • 6e producteur mondial de charbon (5,3%).

Exportations:

  • 1er exportateur mondial de gaz naturel avec 22,6% des exportations nettes mondiales,

  • 1er exportateur mondial de blé depuis 2016, avec 10% de la production mondiale et 20% de l'exportation mondiale,

  • 2e exportateur de pétrole brut, avec 13,2% des exportations mondiales,

  • 2e exportateur de charbon (15,5%).


Les conséquences économiques du conflit ukraino-russe vont être considérables pour l'Europe.

Alors que le monde a un problème avec des coûts à la production qui ont déjà dépassé des chiffres historiques (voir notre article sur ce sujet), couper les ponts avec un si grand producteur de matières premières va encore augmenter l'inflation. C'est d'ailleurs ce que répète Joe Biden dans ses discours, en mentionnant que la priorité pour son pays est de freiner l'inflation.

Guerre Ukraine article économie Indice CRB des matières premières
Indice CRB des matières premières

En faisant un petit tour de situation, nous pouvons constater que le cours du baril accuse une augmentation rapide, pour atteindre 103 $ le baril au 1er mars. L'impact sur la croissance va se faire sentir, car en effet, à chaque augmentation de 10 $ du baril de pétrole, la croissance mondiale baisse de 0,4 point.


Marguet Realexpert article, crise Ukraine Le baril de pétrole dépasse durablement les 100$
Le baril de pétrole dépasse durablement les 100$

Du côté du prix du gaz, nous avons deux évolutions:

  • Côté américain, le prix du gaz a augmenté de 238% depuis avril 2020, mais reste dans un niveau bien inférieur à 2008.

  • Côté Europe, nous atteignons les 3'720% entre mai 2020 et février 2022, pour arriver à un taux historique.




En Europe encore, beaucoup de pays sont tributaires de la Russie soit par leur importation ou par leur exportation. Par exemple, 1/3 du gaz européen provient de Russie, en Allemagne ce taux est de 60%, en Suisse nous approchons les 47%.

La France a 35 entreprises du CAC 40 fortement implantées en Russie, avec des exportations annuelles de 6,5 milliards.


Plus grave que l’énergie est l’exportation de blé.

Comme nous l'avons vu, la Russie et l'Ukraine sont parmi les plus grands producteurs de blé au monde (1er pour la Russie, 4e pour l'Ukraine), et l’histoire nous a appris que les pénuries alimentaires sont souvent à l'origine des révolutions. Selon le graphique ci-dessous, le prix du blé a atteint son plus haut niveau depuis 2008 (année de la crise financière).




La bonne nouvelle est la baisse des taux obligataires de la plupart des pays, ce qui permet de diminuer le coût de la dette des États.


Pour la Suisse, le taux d'emprunt à 10 ans est passé au 1er mars 2022 à 0,11% (alors qu'il était à 0,3% le 25 février 2022) et pratiquement à -0,06% pour l'Allemagne (contre 0,22% le 25 février 2022). Il est également probable que la Fed et la BCE repoussent leur décision d'augmenter leur taux d'intérêt (voir notre article concernant l'augmentation des taux d'intérêt).


L'augmentation des taux devrait être retardée.

Du fait de cette instabilité géopolitique couplée à la baisse des bulles (voir notre article à ce sujet), les marchés boursiers sont devenus très volatils. Les valeurs comme l'or, le franc suisse, l'immobilier suisse vont jouer leur rôle de valeurs refuges et voir leur valeur grimper.


Restez positif, partagez cet article si vous le trouvez utile et n'hésitez pas à partager votre avis dans les commentaires ci-dessous.


Sources: Marc Touati, économiste (http://www.acdefi.com), article "l'inévitable remontée des taux d'intérêt" de Marguet RealExpert, article "Le spectre d'un prochain krach boursier" de Marguet RealExpert, BNS (https://www.snb.ch/fr), magasines: Le Monde (https://www.lemonde.fr) - L'union (https://www.lunion.fr). Taux obligataires: https://fr.tradingeconomics.com/ et BNS (https://www.snb.ch/fr).

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